Les Hauts du Bas, Pascal Garnier.

Pascal Garnier (1949/2010) est un écrivain français. Il a surtout écrit des romans noirs et des livres pour la jeunesse.
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Il est paru aux éditions Zulma dans la collection poche Z/A en  Octobre 2016. Il coûte 9,95€.  Il compte 192 pages.
Voici le résumé proposé par l’éditeur :

« Thérèse n’insista pas. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, le vieux n’arriverait pas à altérer la bonne humeur qui lui gonflait la poitrine depuis son réveil. Elle se sentait sereine, heureuse d’un de ces bonheurs qui vous tombe dessus comme le gros lot.
– Qu’est-ce qui vous fait sourire ?
– Rien. Il fait beau.
– Pff !… Dans le désert il fait beau tout le temps, vous croyez que ça fait rigoler les Bédouins ? »
Édouard Lavenant, aussi arrogant qu’irascible, s’est retiré dans la Drôme avec Thérèse, sa dame de compagnie. La principale occupation de ce curieux couple consiste à regarder planer les vautours. De façon imperceptible, M. Lavenant perd la mémoire. Et tandis que les morts s’accumulent autour de lui comme une épidémie, Édouard Lavenant semble trouver un nouvel appétit de vivre…

J’ai acheté ce livre du salon Lire En Poche à Gradignan en Octobre. Ma PAL (Pile À Lire) étant immense, je viens juste de le lire.
C’est donc l’histoire d’un vieil homme, Édouard Lavenant, qui a eu une attaque et doit vivre avec son infirmière, Thérèse. C’est l’histoire de leur relation. Monsieur Lavenant paraît être un vieux monsieur n’acceptant pas ses problèmes de santé. Ça se ressent dans l’agressivité dont il fait preuve envers Thérèse. Elle est très patiente, elle va peu à peu réussir à « l’apprivoiser ». Elle va aider Monsieur Lavenant à rester actif. C’est le premier homme dont elle s’occupe. Auparavant, elle a toujours choisi de venir aider des femmes.

« Elle aimait cette vie de poisson soluble, presque une vie d’acteur, s’imprégnant de celle des autres au point d’adopter leurs odeurs, leurs tics, leurs expressions, leurs accents puis, du jour au lendemain, tout effacer et recommencer ailleurs comme un bernard-l’ermite change de domicile. »

Le cynisme ainsi que sa cruauté de Monsieur Lavenant sont omniprésents et font que nous nous attachons à ce personnage. Il est assez pragmatique. Sa femme étant morte et n’ayant pas d’enfants, il n’a plus que Thérèse sur qui compter. C’est un cas courant pour les personnages âgées. Elles sont souvent seules et les seules visites qu’elles ont, ce sont celles d’une équipe médicale. J’ai trouvé que l’auteur a su être juste dans ses propos concernant cette solitude. On est pas dans le pathos mais plutôt dans la description simple et efficace de la relation entre les deux parties. J’ai adoré découvrir le besoin des personnages de rester ensemble. Ce besoin d’être ensemble, pas totalement assumé, est bien présent tout le long du livre va permettre d’accepter de nombreuses situations.

« Un jour, je devais avoir dix-huit ans, mon père m’a demandé: » Que vas-tu faire de ta vie ? » Je n’avais pas de réponse. Aujourd’hui si je me pose la question de savoir ce que j’ai fait de ma vie, je reste toujours aussi muet. Que s’est-il passé entre temps ? ».

Il est classé dans la catégorie roman noir. J’avoue qu’au début du roman, je n’ai pas compris pourquoi. Ce coté noir se dévoile au fur et à mesure de la lecture. C’est assez surprenant de découvrir comment le roman va basculer vers le roman noir. L’écriture de l’auteur est très fluide, légère. C’est ce qui va rendre encore plus surprenant le basculement. On se laisse prendre par l’univers et par les évènements. Le rythme y est assez élevé. En 192 pages, il y a deux grands bouleversements dans la vie des personnages. Cependant ils sont décrits comme si tout était normal. La beauté de l’écriture est un véritable atout pour le livre. Avec ce naturel et cette manière de dire les choses qui est très directe, Pascal Garnier va réussir à nous tenir en haleine. On ne lâche pas le livre avant de l’avoir fini. Sachant que je ne suis pas une adepte du roman noir, j’a trouvé qu’ici ce n’est pas le plus important du fait que la noirceur arrive tard et que lorsqu’elle est présente, c’est l’aspect relationnel qui prime.

J’ai vraiment aimé ce livre. Au début, j’ai eu un peur que l’auteur tombe dans les clichés, qu’il soit trop dans le pathos. Mais pas du tout, il a su dépeindre en gardant les bonnes distances la relation entre un vieil homme et son infirmière. Je vous le conseille vivement.

J.

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