Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce, Lola Lafon

Lola Lafon est née en 1974. C’est une romancière et une chanteuse. Elle est surtout connu pour avoir écrit La petite communiste qui ne souriait jamais publié en Janvier 2014 chez Actes Sud.
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Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce
est publié dans la collection Babel de Actes Sud en Mai 2014. Il coûte 9,70€. Voici le résumé proposé par l’éditeur :
« Elles étaient liées par une passion commune pour la danse, mais aussi par une expérience terrible qu’elles ont vécue toutes deux, de celles qui brisent une vie. L’une est en train de mourir, tandis que l’autre raconte son amie, sa presque-sœur, dont le cœur s’est arrêté. De cette évocation c’est bientôt une révolte qui naît, que plus rien n’arrêtera. Un roman irrigué du feu poétique pour dire l’insurrection nécessaire des jeunes femmes aspirant à la liberté. »

J’ai commencé ce livre parce que le titre et le résumé m’ont intrigué. Tout démarre lorsque Émilienne, surnommée Émile, est victime de la mort subite.

« La mort subite cardiaque se définit comme une mort naturelle avec perte brutale de conscience dans l’heure qui suit le début des symptômes, chez un sujet ayant ou non une maladie cardiaque connue. Le moment et le mode de survenus sont inattendus. »

La narratrice se retrouve dans la chambre d’hôpital et lorsque l’infirmière lui demande qui elle est, elle se présente comme la soeur d’Émile. On découvre vite que les deux femmes n’ont pas de liens de sang et qu’elles se sont rencontrées dans un groupe de parole pour les victimes de viol. Les liens qui les unissent sont très forts. La narratrice, dont on ne connaît pas le prénom,  va tenir un journal qu’elle va nommer « journal de tes jours non vécus ».  On va donc suivre toutes ses pensées, l’évolution de la santé d’Émile et sa rencontre avec « la petite fille du bout du chemin ». Celle ci s’interroge sur la vie à travers des références cinématographiques, littéraires ou bien historiques. Je ne vous en dévoile pas plus. C’est un personnage assez mystérieux et difficile à décrire. D’ailleurs je vous laisse découvrir les trois personnages par vous mêmes car ils sont un ensemble. Je n’arrive pas à les décrire simplement. De plus, ce qui m’a plus, c’est vraiment les relations des personnages entre eux. On ressent l’échange, l’amour. Et aussi le soutien qui est présent les unes envers les autres. Peu importe ce qui arrive et le passé.

« Je ne peux pas lui dire ce qui ne peut que s’écrire. Alors les mots s’absentent, de toute façon, ils auraient formé un petit tas banal de – je n’ai jamais ressenti ça avant parfois il me semble que ça me traverse si tu savais je suis embrasée de toi t’allonger sous mes mains. »

Concernant l’écriture, elle est percutante, poétique. Je suis littéralement tombée sous le charme du style de Lola Lafon. Les chapitres ne sont pas longs. Ça donne un rythme rapide dans l’histoire. J’ai lu les 432 pages en une petite semaine et j’ai eu du mal à m’en détacher. C’est un livre qui parle des femmes, de la danse. C’est un appel à la vie et qui incite à nous donner les moyens d’accomplir nos rêves. Il faut s’imposer, se révolter. Chaque phrase évoque l’élan de notre vie et ce qu’il engendre. Les personnages suivent toujours leurs intuitions et aiment leurs défauts.

« Mais voilà que je ne veux pas être réparée. Sauvegardée. Rafistolée pour continuer à avancer. Je ne voudrais pas qu’on colmate ce que je m’acharne à défaire, à découdre. Vois-tu, je travaille à être insauvable, irrécupérable. Aussi fugace, irrattrapable et fragile qu’un moment dans le temps. Pour ne pas offrir de prise, il me faudra rentrer en silence comme on va en résistance. Et à toute interrogation, leur répondre : je ne sais pas, je me demande, je cherche. Je dépose des questions. Je fabrique des doutes. »

Au final, je vous fait cet avis mais c’est un livre difficile à décrire. L’ambiance y est chaleureuse et nous encourage à vivre notre vie comme il nous semble et pas selon les conventions. C’est aussi un livre qui encourage à assumer notre féminité ainsi que notre passé. J’ai particulièrement été touchée par cela car c’est quelque chose pour laquelle je m’investis : assumer ce que l’on est pleinement peu importe le regard des autres. On est nous même avec nos défauts et nos qualités. Enfin j’ai été ému par la description de l’amitié entre Émile et la narratrice. On voit, ressent les liens très forts entre les deux femmes. On perçoit le désarroi de la narratrice lors de l’hospitalisation de sa soeur. Je vous le recommande vivement.

« De quoi sommes-nous remplies. De quelle histoire. Qu’on se raconte le mieux possible jusqu’au moment où : le cœur lâche, les chevilles se tordent, jusqu’au moment où les vertèbres se raidissent et alors il faut l’emplir de plus en plus vite et encore et encore l’histoire, la fleurir comme une tombe emplie de ce qu’on ne sera plus, la fleurir, la pourrir d’images, sa tombe, de vidéos regardées en boucle toutes les nuits, de Notices et de prescriptions pour continuer à croire encore à cette histoire sans oiseaux nu tempêtes. Se répéter qu’on est en paix et crever de l’être, en paix. »

J.

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