Nos lectures russes.

 

Nouvelles de Petersbourg

416s6H5Yf6L._SY291_BO1,204,203,200_QL40_J’ai donc lu Nouvelles de Pétersbourg de Nicolas Gogol en Folio Classique (Gallimard). Le livre contient cinq nouvelles qui se passent toutes dans la ville de Saint-Pétersbourg (Russie)… d’où le nom !

Tout d’abord, j’ai choisi ce livre en demandant conseil à une libraire et je vous invite à faire de même, demander conseil n’a jamais tué personne et les libraires savent de quoi ils parlent ! Bref. Dans l’argumentaire de cette libraire ce qui m’a plu c’est le côté fantastique des nouvelles dont elle me parlait et c’est vrai que pour ce point elle n’avait pas tort. Dans toutes les nouvelles il y a plus ou moins une part d’inexplicable, de fantastique que j’aime beaucoup d’autant plus que cela paraît normal aux personnages. On se croirait presque dans un conte où les bonnes fées existent, ici les nez se baladent dans la rue et cela est tout à fait normal. D’un point de vue fantastique, je pense en particulier à la nouvelle « Le Manteau » qui est la nouvelle la plus surnaturelle du recueil à mon goût avec l’apparition d’un fantôme. Mais on a aussi « Le Nez » qui est peut-être la nouvelle la plus connue et dont le début a été choisi par l’éditeur pour la quatrième de couverture :

« L’assesseur du collège Kovaliov se réveilla d’assez bonne humeur. Il s’étira et se fit donner un miroir dans l’intention d’examiner un petit bouton qui, la veille au soir, lui avait poussé sur le nez. A son immense stupéfaction, il s’aperçut que la place que son nez devait occuper ne présentait plus qu’une surface lisse ! »

Et oui rien que ça. Mais ce n’a pas été ma nouvelle préférée. Sans doute cette dernière a été « Le Portrait », il me semble que c’est la plus longue mais c’est celle qui m’a tenue le plus en haleine. Le portrait est l’histoire d’un peintre qui s’en va acquérir un tableau, plus précisément un portrait, pour pas grand-chose finalement mais qui va avoir un impact énorme sur sa vie et sur son travail artistique. Dans cette nouvelle ce n’est pas seulement cette part de fantastique qui m’a séduite mais aussi ce rapport à l’art que j’aime beaucoup et que je trouve très intéressant.

Mais finalement ce n’est pas tant le fantastique ou l’inexpliqué qui m’a marqué dans ce recueil mais c’est le discours direct qu’a mis en place Gogol avec ses lecteurs. Le narrateur est externe et on peut facilement imaginer que c’est l’auteur qui nous parle directement. Or ce narrateur sort de sa narration, de temps en temps, pour s’adresser aux lecteurs ce qui ajoute un discours totalement parallèle aux nouvelles et ça ajoute, pour moi, de l’humour et de la légèreté. Le passage que j’ai la plus aimé et qui m‘a fait le plus rire est le suivant :

« Chapitré de la sorte, Akaki Akakiévitch se traîna tristement jusqu’à sa chambre. Comment passa-t-il le reste de la nuit ? On laisse le soin d’en juger aux personnes qui savent plus ou moins se mettre à la place d’autrui. » (Le Manteau)

Voilà… c’est limite au lecteur d’écrire l’histoire et j’ai vraiment trouvé ça surprenant et très drôle. Dans toutes les nouvelles il y a plus ou moins cet échange qui s’installe et c’est très appréciable.

Ce qui est notable également, mais peut-être un peu plus sérieux c’est que d’après moi, Nicolas Gogol s’engage dans une dénonciation de la société, des critiques reviennent dans plusieurs des nouvelles sur le même milieu qu’est celui de la bureaucratie, les fonctionnaires sont tourné en ridicules dans leurs pauvres situations dans Le journal d’un fou par exemple, ou encore dans Le Manteau.

J’ai plus ou moins aimé ces nouvelles mais je suis cependant contente de les avoir lues pour découvrir cet auteur et je pense qu’elles sont représentatives non seulement de son style d’écriture mais aussi de ses convictions et de son univers. Ce sont des nouvelles assez longues et les chutes m’ont souvent laissées sur ma faim mais les nouvelles en elles mêmes sont relativement surprenantes donc la chute n’avait plus vraiment sa place puisque le tout est déjà totalement décalé. Je conseille ce recueil de nouvelles !

L.

La tempête de neige et autres récits, Léon Tolstoï.

tempete_neigeUne libraire (mais quel merveilleux métier !) m’a conseillé ce livre de ce monument littéraire afin de me familiariser avec son écriture. Je l’ai pris en Folio classique (Gallimard). Me voilà assise dans mon canapé, au lieu de travailler, avec ce nouveau livre.

J’avoue que j’avais une petite appréhension face au fait que c’est un auteur classique de la littérature russe du 19ème.

La tempête de neige et autres récits est  donc constitué des sept récits écrits entre 1850 et 1865. Je précise qu’un récit est plus long qu’une nouvelle.

Je vais vous parler de deux d’entre eux.

Le premier récit est le récit éponyme. Il raconte la lutte pour la survie d’un jeune propriétaire terrien, homme pris avec son cocher et son domestique Aliochka à bord de son traîneau dans une tempête de neige non loin de Novotcherkassk, au sud de la Russie. Même si la seule intrigue est cette lutte contre le froid, j’ai apprécié ce récit. L’écriture de Tolstoï est fluide, avec des descriptions qui se lisent très facilement. Tolstoï nous fait ressentir les états d’âme du jeune propriétaire. Ses inquiétudes sont très justement décrites. L’auteur a vraiment su trouver le bon ton afin d’en parler tout en nous tenant en haleine sur 50 pages !

Le second récit que j’ai choisi est Lucerne. C’est mon coup de cœur ! C’est le portrait d’un musicien entraînant la réflexion sur la différence sociale due à l’argent. Ici, Tolstoï nous livre un message assez sévère. Rien ne vaut une citation pour le comprendre :

« Quoi que disent les défenseurs du sentiment populaire, une foule est une réunion d’êtres qui, séparément, peuvent être bons, mais qui n’ont en commun que leurs côtés animaux, repoussants : elle n’exprime que la faiblesse et la cruauté de la nature humaine ».

Le point commun entre tous ces récits est qu’ils relatent la vie de personnages dans une période de leurs existences cette période étant, en général, relativement courte. On suit ainsi les pensées du personnage. De plus, la quasi absence d’intrigue est commune à toutes les histoires. Cela peut effrayer, créer un blocage. Mais tout l’art de Tolstoï est bien là : on est impatient de finir l’histoire même si elle est pauvre en action.

Le seul point négatif de cette lecture est que, n’y connaissant rien à la Russie, je devais souvent me reporter aux notes qui étaient situées à la fin du livre et non en bas de page. C’est le seul défaut, bien qu’il soit minime, que j’ai à ajouter à cette modeste critique.

Je recommande donc fortement ces différents récits pour entrer dans l’univers de Tolstoï, qui est plus accessible qu’on  le pense ! J’ai vraiment pu, malgré le petit handicap occasionné par le manque de connaissances culturelles russes,  ressentir les émotions des différents personnages. Et je trouve que le fait qu’un auteur, étranger, d’une autre époque, arrive à nous faire cet effet là est la preuve de son talent.

Je pense que je vais me lancer dans Guerre et Paix cet été ! Je vous en donnerai des nouvelles bien évidemment !

J.

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