Nos lectures chinoises.

Le Veau suivi de Le Coureur De Fond de Mo Yan.

J’ai choisi ce livre car l’auteur a reçu le prix nobel de littérature en 2012 pour l’ensemble de son oeuvre. Je suis toujours curieuse de lire les oeuvres des auteurs ayant reçu des reconnaissances littéraires, plus ou moins prestigieuse.

Mo Yan est né en 1955 et a beaucoup publié que ce soit des romans ou bien des nouvelles. Le Veau suivi de Le Coureur De Fond est paru aux éditions points en octobre 2013, coûte 6€30. Il fait 216 pages.

9782757836910.jpgRésumé :

« Pour Luo Han, la vie est une farce. Lorsque les veaux dont il est le gardien sont castrés, il use de tous les stratagèmes pour chaparder sa part de testicules sautés à la table de l’oncle grêlé. Ce dernier ripaille avec les dignitaires du Parti, alléchés par ce mets de choix dans une Chine qui crie famine. Les veaux dépérissent à vue d’œil et le village est en émoi. Le temps de l’insouciance s’achève… »

Les deux textes ont pour cadre la Chine rurale, sous l’emprise de Mao. Ils sont plus longs que des nouvelles et ont des chapitres mais ils restent courts.

Je vais être franche, je n’ai pas réussi à finir Le Veau. 

Le premier chapitre nous plonge directement dans la vie d’un village à travers le regard d’un jeune garçon : Luo Han. Il est le gardien de veaux, et ces derniers vont être castrés dès le premier chapitre. Son écriture est directe, il dit les choses comme elles sont. Je n’ai pas du tout accroché avec son écriture. On ressent une sévérité de la part de l’auteur envers le fonctionnement de cette époque chinoise. La dureté provient, en plus du système politique, de la vie des paysans sous Mao. J’ai vraiment eu du mal à me sentir impliquée dans les enjeux de la vie de ce jeune garçon.

 » Si ta langue te démange, t’as qu’à la gratter contre l’écorce ! »

Concernant l’autre texte, le coureur de fond, j’ai plus accroché. Il s’agit d’un hommage à un instituteur : Zhu Zongren. Je trouve que dans ce texte, on est vraiment plongé dans la vie d’une école. L’auteur nous parle d’abord des droitiers.  Ce sont des habitants du village qui ont été accusés par les autres villageois de vivre comme des bourgeois. Au début, les villageois, pour la grande majorité fermiers, ne les acceptent mais, au fur et mesure, vont se rendre compte de leurs compétences. À travers le regard du jeune garçon, on ressent l’admiration. C’est l’admiration de la culture de ces droitiers. Ici, l’auteur critique le régime totalitaire de Mao.

« Depuis toujours chez nous, le mot « droitier » est synonyme de « personne de grande ressource ».

J’ai donc un avis mitigé sur ce livre. D’un côté, pour Le Veau je reproche la dureté de l’écriture mais d’un autre, pour Le Coureur De Fond, j’ai énormément apprécié l’écriture de Mo Yan. J’ai réussi à découvrir la vie dans une école sous Mao à travers le regard d’un garçon.

J’ai fait quelques recherches pour voir les avis des autres lecteurs, des journalistes afin de voir si j’étais la seule dans ce cas ou non. Il en ressort que ce livre a été un véritable « phénomène littéraire » dans le sens où c’est un livre qui critique le régime totalitaire subtilement. Les journalistes et les lecteurs sur les forums ont quasiment tous énormément apprécié ce livre grâce à l’écriture de Mo Yan et à la critique qu’il fait de la Chine de son enfance.

Je recommande ce livre tout de même car, l’ayant aimé à moitié, beaucoup de personnes l’ont aimé en entier. Et il est intéressant pour la critique faite sur la Chine de Mao.

J.

La montagne de l’Âme, Gao Xingjian

Collection : pointsCapture d’écran 2016-09-30 à 11.52.36.png

Prix Nobel de littérature

Acheté à la Machine à lire, Bordeaux.

Pour cette lecture chinoise, j’ai donc choisi La montagne de l’Âme de Gao Xingjian. Né en Chine en 1940, il sera par la suite réfugié politique et habite depuis à Paris. Peintre, dramaturge, metteur en scène, il a plusieurs métiers à son actif mais il est surtout traducteur en français et pour ce livre il a notamment travaillé avec les traducteurs Noël et Liliane Dutrait afin que la traduction en français soit la plus fidèle à la langue originale.

Résumé :

Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse « montagne de l’Âme ». Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingt, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fil d’un voyage picaresque, poétique et profondément moderne.

 » Toi-même, tu ne sais pas clairement pourquoi tu es venu ici. C’est par hasard que dans le train tu as entendu quelqu’un parler d’un lieu nommé Lingshan, la Montagne de l’Âme.  » (p. 11)

Voilà comment l’homme en question dans ce livre prend la décision de partir en quête de cette montagne. Par le hasard. Avant même de lire le livre, ou d’imaginer le voyage de cette homme, que ce soit le hasard qui décide de cela en dit beaucoup sur le caractère introspectif de ce livre. De plus le titre laisse bien deviner que ce ne sera pas seulement un voyage extérieur à travers la Chine du XXème Siècle mais aussi un voyage intérieur.

Le résumé en dit déjà beaucoup, et dit le principal. Au long de cette plongée dans la Chine d’il y a quelques années nous trouvons effectivement un contexte de départ assez moderne mais nous sommes aussi transportés dans des contes et légendes de ce pays mystérieux ! Ces légendes et histoires sont présentées en chapitres mais s’arrêter là serait trop simple. En effet, il est assez difficile de s’y retrouver entre légendes, moments actuels, vie réelle ou rêvée. L’auteur fait voyager le lecteur à travers toutes ces facettes de l’histoire.

A côté de cela, le personnage principal entretient une relation avec une jeune femme mais nous ne savons jamais vraiment si elle existe ou si ce qu’on lit est réel, on ne sait pas ce qu’il lui arrive et certains personnages restent mystérieux. Le narrateur rencontre beaucoup de gens, on a des bribes de souvenirs ou des rêves qui finalement s’arrêtent nets et on ne sait pas ce qu’il advient de tel personnages ou tel autre. J’ai trouvé ce livre assez dur à suivre pour ce côté-là et c’est vraiment dommage.

Ce livre est vraiment un symbolique ou du moins représentatif de la littérature chinoise qu’on qualifie de contemplative : ici nous sommes immergés non seulement dans les traditions, légendes et récits mais aussi dans la nature chinoise entre le Parc Naturel et ces petits villages dans lesquels se rend le personnage principal. On a une alternance entre des passages violents lorsque l’auteur nous raconte des légendes sanguinaires et des passages tout à fait calmes et rétrospectifs sur la nature, sur ce qu’il s’est passé ou encore sur le narrateur lui-même. En effet, il se remet en question au long de ce voyage, et n’oublions pas qu’il le fait pour lui, pour trouver la où est sa Montagne de l’Âme.

Pour ce qui est du texte à proprement parler, j’ai vraiment adoré l’écriture. Elle est fluide mais réfléchie, sérieuse et traditionnelle par moment mais aussi définitivement moderne et amusante par d’autres. Je ne m’attendais pas attendue à trouver dans ce texte un langage courant voir parfois vulgaire et cela donne un côté vraiment moderne et surprenant à ce livre. C’est quelque chose d’étonnant auquel, personnellement, je ne m’étais pas attendue. Bien que l’histoire soit assez difficile à suivre dans le fond, dans la forme les chapitres sont bien définis, on a des coupures régulières et c’est cette structure qui m’a permis de m’y retrouver un minimum !

La Montagne de l’Âme est un très beau livre sur soi même, sur la Chine et ses légendes, c’est sûrement l’élément qui m’a le plus plu dans ce livre : découvrir des légendes et coutumes chinoise depuis des millénaires. Cependant cela reste un livre contemplatif et lents, il demande de la patience !

L.

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