Nos lectures canadiennes.

Alice Munro : « Fugitives« 

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Alice Munro est une auteure canadienne. Elle écrit principalement des nouvelles depuis 1968 autour de personnages féminins essentiellement. Elle n’a écrit qu’un roman. Elle a reçu en 2013, le prix Nobel de littérature pour son recueil « Fugitives« . Publié en 2008 aux éditions de l’olivier, ces 8 nouvelles sont écrites, à l’origine, en anglais. Les traducteurs sont Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso. Le titre original est « Dunaway« .

Le Résumé de l’oeuvre est le suivant : « Elles partent. Fuguent. S’enfuient. S’en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Avec légèreté, avec férocité, elle traque les marques laissées sur les visages par le temps, les occasions perdues, les petits arrangements que l’on croyait provisoires ».

Tout d’abord, j’ai choisi cette oeuvre grâce à  un  autre livre conseillé par un de mes libraires. Je m’explique. Durant mon stage en février en Librairie, j’ai demandé à un des libraires un livre (ou un « gros pavé » pour être honnête, je voulais avoir un livre qui allait m’occuper pendant un moment) d’un auteur américain car j’avais envie de lire un livre vers lequel je ne me serais pas tournée spontanément et ainsi, me laisser surprendre par le libraire. Je précise que, évidemment, ce libraire connaît mes goûts. C’est alors que mon choix a été « Les Corrections » de Jonathan Franzen. Je me suis renseigné sur cet auteur. Je suis tombée sur de ses articles parus dans le New York Times en 2004 où il encourage ses lecteurs à lire Alice Munro. J’ai donc saisi l’occasion.

Ensuite, l’auteure mentionne la chanson « She’s leaving home, bye bye! » des Beatles. Donc je l’ai écouté durant ma lecture. C’est une habitude que j’ai prise. Je suis toujours curieuse d’écouter les musiques que mentionnent les auteurs car elles sont révélatrices de l’ambiance voulue dans le livre.  Je vous mets le lien : https://www.youtube.com/watch?v=oAYiuFBqyLE.

Ces nouvelles sont centrées sur le départ de femmes d’âges différents. Ces femmes veulent changer de vie. L’espoir d’améliorer leur vie est  présent dans toutes les nouvelles. L’espoir est aussi accompagné de doutes car ces femmes ressentent toujours de l’hésitation avant de partir, de s’enfuir vers une nouvelle vie. Certaines femmes ne partiront pas, d’autres si. Le doute est ainsi une phase importante dans les différentes nouvelles. La première nouvelle m’a beaucoup plu. L’écriture est efficace, chaque mot est percutant. On saisit le malheur d’une jeune femme dans sa vie. On ressent aussi le besoin d’une autre femme qui va l’aider et partir vers une ville « neutre », sans souvenirs de vie commune avec son copain. Cette femme va payer le voyage vers cette ville de la jeune femme, va lui trouver un lit chez une de ses amies. Je n’en dévoile pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir cette histoire. On comprend le besoin d’entraide au sens le plus simple. C’est la bonté d’une femme envers une autre en détresse qui m’a beaucoup attendrie. On se laisse entrainer dans l’intimité d’une femme qui ne va pas bien. De plus, l’écriture d’Alice Munro est réaliste car on imagine pouvoir ressentir les émotions présentes dans cette nouvelle. Cependant, avec la deuxième nouvelle, j’ai complètement décroché. J’ai trouvé que c’était … assez vague. J’ai perdu le fil dans l’histoire de cette jeune femme dans un train. J’ai ressenti une certaine distance entre le personnage et moi. Ce décalage entre la première nouvelle et la deuxième m’a beaucoup déstabilisé.  Dans la première nouvelle, je me suis sentie proche du personnage principal alors que dans la deuxième, je me suis sentie mise à l’écart. L’écriture d’Alice Munro m’a laissé sur ma faim. J’avais le sentiment qu’elle n’allait pas au bout des choses. L’auteur me donne l »impression de ne pas aller au bout des sentiments de la jeune femme et de s’être plus investie dans l’histoire de cette dernière. Je n’ai pas réussi, malgré plusieurs lectures, à m’identifier au personnage. J’ai eu beaucoup de mal à me plonger ensuite dans les autres nouvelles. De plus, je lis, de temps en temps des nouvelles donc ce n’est pas la forme qui m’a posé problème.

Je suis donc assez mitigée concernant ce livre. Le thème de la remise en cause d’une vie ainsi que de soi par des femmes est vraiment le sujet central de l’oeuvre.  Ce sujet me plaît énormément. La première nouvelle m’a réellement émue, touchée. Mais n’ayant pas aimé la deuxième, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier les nouvelles suivantes. Cette expérience était utile dans le sens où une femme écrivant des nouvelles ayant reçu un prix Nobel est un fait rare, ce qui est malheureux.

J.

Bad Girl, de Nancy Huston.

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Pour ma lecture canadienne, j’ai choisi Bad Girl (avec comme sous-titre : Classes de littérature) de Nancy Huston. Je l’ai lu dans la collection poche d’Actes Sud : Babel. Bad Girl a été publié en Octobre 2014. Pour la petite histoire, Nancy Huston estnée en 1953 au Canada (Calgary), et vit à Paris depuis les années 1970.

Bad Girl  a été pour moi une totale découverte. Je n’avais jamais lu Nancy Huston et je n’avais jamais lu non plus un tel livre ! Il m’a surpris à de nombreuses reprises. Tout d’abord avec le choix de narration qui est fait à la deuxième personne du singulier ce qui est peu commun et déstabilisant d’autant plus que l’auteure se parle à elle-même… alors qu’elle n’était qu’un fœtus dans le ventre de sa mère.

« Toi, c’est toi, Dorrit. Celle qui écrit. Toi à tous les âges, et même avant d’avoir un âge, avant d’écrire, avant d’être un soi. Celle qui écrit et donc aussi, parfois, on l’espère, celui/celle qui lit.

Un personnage. » (Page 11)

On a donc devant nous une « autobiographie intra-utérine » pour le moins déroutante. En tout cas ce fut le cas pour moi ! Au fil des pages, Nancy Huston parle de ses ancêtres, parle de sa vie puis on a un retour à un dialogue à elle-même étant encore dans l’utérus de sa mère pile au moment où on pensait avoir oublié ce petit détail. On entre dans une boucle infinie qui nous ramène toujours à cette situation et qui nous tient en haleine durant tout le livre.

Avant tout, c’est un livre sur la vie, avec notamment la question de désirer un enfant mais c’est aussi un livre sur la construction d’une vie – celle de Nancy Huston – à travers sa famille mais aussi les livres. Elle cite notamment Romain Gary ou encore Beckett ; cette autobiographie est rythmée par ces grands auteurs. A travers les pages, on peut également lire des noms de femmes qui ont lutté pour améliorer leur place dans la société. Et c’est comme ça que j’ai perçu ce livre finalement, comme un récit sur les femmes, sur leurs vies et sur les obstacles et préoccupations qu’elles peuvent avoir. J’ai eu l’impression de lire un roman délié par moment mais cependant toujours avec ce fil conducteur de la « discussion » intra-utérine. C’est un livre qui se lit relativement vite, pour moi ce fut en un après-midi. En effet le style est rapide si je peux dire. Les « chapitres » sont courts, on passe rapidement d’une idée à une autre ce qui donne envie d’aller plus loin et pourquoi pas avoir la suite de ce que l’auteur a commencé à décrire quelques pages plus tôt. J’imagine que cela dépend du point de vue ou encore des lecteurs mais par moment j’ai ris. J’ai notamment relevé un passage sur la vision qu’on les canadiens de la France  que je voulais absolument partager avec vous :

« …  Puis sautant par-dessus la France (ce pays sans Dieu et sexuellement dépravé où, pour choquer tout le monde, tu choisiras de t’installer une fois adulte)… » (Page 52)

J’ai aimé ce livre non seulement parce que j’ai découvert Nancy Huston mais surtout parce que j’ai découvert son écriture, les thèmes qu’elle aborde et la façon dont elle monte tout ça pour nous intéresser au plus haut point. Je le conseil vraiment aux personne envieuses de découvrir un style d’écriture inédit ou se reconnaissant dans les thèmes abordés !

Je tiens à remercier la librairie Bookstore (Biarritz) qui m’a fait découvrir ce livre.

L.

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