L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

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Andrus Kivirähk est un auteur estonien né en 1970. C’est un journaliste, essayiste.  Seulement deux de ses romans ont été traduits en français : celui ci et Les Groseilles de novembre paru chez le même éditeur. Le traducteur de l’homme qui savait la langue des serpents est Jean-Pierre Minaudier, traducteur et professeur de l’histoire estonienne et de la traduction littéraire de cette langue.
Concernant la maison d’édition, je ne la connaissais que de nom. Ce fut donc une découverte.

L’homme qui savait la langue des serpents est donc un roman de 440 pages de  13,90€ (au format poche de la maison d’édition). Il est paru en mai 2015 en France et a reçu le Grand Prix de l’imaginaire 2014.

Cette histoire se passe au XIIIéme siècle en Estonie. Au début du livre, il y a une note du traducteur, très utile, pour situer le roman dans un cadre historique. Il faut donc savoir que l’Estonie est l’un des derniers pays à avoir été conquis lors de croisades par des chevaliers allemands. Avant cette conquête, les estoniens vivaient en harmonie avec le nature. Ils se qualifiaient comme « peuple de la forêt » par opposition aux occidentaux.  La nature était très présente dans les mythes.

« Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tombe amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait des élans… »

C’est donc l’histoire d’un jeune garçon, Leemet, qui vit avec sa famille dans la forêt. On y découvre ses habitudes de  vie et principalement, son apprentissage la langue des serpents. Cet apprentissage est en train de disparaître. Les enfants ne connaissent que le vocabulaire vraiment de base. Leemet est alors le dernier à connaître cette langue de manière parfaite. En parallèle, il y a le développement d’un village en face de la forêt. C’est le principal sujet du livre. L’attrait de la modernité avec le village, la religion, le travail au champ face à la tradition avec la forêt, la langue des serpents et la croyance en la Salamandre. Cette dernière joue un rôle important, elle est souvent mentionnée. Elle est comme une sorte de déesse qui aidait les personnes vivant dans la forêt. Cependant elle s’est endormie et le jeune Leemet va essayer de la retrouver tout au long du roman. La particularité de ce jeune homme est que, contrairement à la plupart des habitants de la forêt, il est naît au village et ses parents ont ensuite déménagé dans la forêt. Pour les autres habitants, c’est le contraire qui se produit. Ainsi, Leemet est tiraillé entre l’envie de connaître le village avec le pain et l’orge et le besoin d’être dans la nature, auprès des serpents. Ce personnage représente donc la modernité et la tradition. L’auteur pose, à travers ce personnage, la question de savoir comment concilier la tradition avec la modernité. L’autre sujet important est la solitude. Peu à peu, Leemet va se retrouver seul, à combattre pour ce en quoi il croit. Il est décrit comme le dernier dans le livre. Le dernier à savoir la langue des serpents, le dernier à se marier avec un fille de la forêt, le dernier homme de la forêt. Il va être seul à continuer à se battre pour éviter que son monde ne disparaisse. Ces amis reptiles, sa mère, ses meilleurs amis ne lui seront d’aucuns secours. Leemet est vraiment un personnage très intéressant. Mais je ne vais pas plus en parler pour que vous le découvriez en lisant le livre.

L’écriture d’Andrus Kivirähk est très poétique. De plus, on ressent réellement cette proximité entre nature et Homme. On se sent aussi menacé que Leemet lorsque son monde menace de s’effondrer. C’est un roman merveilleux. Comme pour Cent Ans De Solitude, on le caractérise de réalisme magique. L’univers est très doux et envoutant. On rentre dans le livre sans aucun problème et je l’ai dévoré en peu temps. C’était mon petit plaisir pendant ma pause déjeuner durant mon stage. J’ai eu l’impression de vraiment aller dans la forêt et de me tenir à coté du personnage principal et ressentir ses émotions. De plus, l’auteur réussit à nous faire réfléchir sur la notion de tradition et de modernité ainsi que sur celle de la solitude sans intervenir directement dans le livre  pour nous donner son avis.

Ce livre est un énorme coup de coeur. J’ai adoré l’ambiance de ce livre ainsi que les personnages. Ils étaient tous très travaillés et avaient un vrai rôle  à jouer. Je le recommande vivement ! Même pour ceux qui n’aiment pas les serpents !

Voici une interview de l’auteur pour ceux voulant plus d’informations !

« Le monde change, il y a des choses qui sombrent dans l’oubli, d’autres émergent. Les mots des serpents ont fait leur temps, un jour aussi viendra où ce monde moderne tombera dans l’oubli avec ses dieux et ses chevaliers, et les hommes trouveront quelque chose de nouveau. »

J.

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